Laocoon

Le nom

pourquoi Laocoon

Troie tient depuis dix ans. Les Grecs ont levé le camp et laissé devant les portes un cheval de bois. La ville hésite : certains veulent le faire entrer, d’autres le brûler.

Laocoon descend en courant du haut de la citadelle. Il est prêtre, il n’a ni armée ni mandat, seulement ce qu’il sait des Grecs. Il le dit devant tous :

« Quoi que ce soit, je crains les Grecs, même quand ils apportent des présents. »

Puis il fait ce que personne n’ose : il lance son javelot dans le flanc du cheval et le bois creux gémit.

On ne l’écoute pas. Deux serpents sortent de la mer, enlacent ses deux fils, puis lui, venu à leur secours. Les Troyens y voient un châtiment, font entrer le cheval et la ville tombe dans la nuit.

Virgile l’écrit sans détour : si on l’avait écouté, Troie serait encore debout.

Laocoon avait vu juste le premier et il l’a dit à voix haute. Il lui a manqué d’être entendu. C’est ce qui nous occupe : voir juste, le dire à temps et rassembler assez de voix pour que la décision change.

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Source : Virgile, Énéide, chant II, vers 40-56 et 199-233.

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